L'ATHEROSCLEROSE : L'ANEVRISME DE L'AORTE ABDOMINALE

Définition

L’anévrisme de l’aorte abdominale est une maladie de la paroi artérielle, qui, amincie, ne comporte plus que son intima et son adventice, ainsi responsable d’une augmentation progressive du diamètre de l’artère et d’une fragilité de la paroi.

En somme, l'anŽévrisme est une dilatation localisŽée de la paroi d'une artère aboutissant à la formation d'une poche de taille variable, communiquant avec l'artère au moyen d'une zone rétrécie que l'on nomme le collet. Sa forme habituelle est celle d'un sac, son diamètre pouvant atteindre plusieurs centimètres.



Jusqu’au début des années 80, on considérait que ces anévrismes étaient essentiellement liés au développement de l’athérosclérose et donc en rapport avec les facteurs de risque cardio-vasculaire (tabac, hypertension artérielle, cholestérol...). Des données récentes témoignent du rôle de facteurs génétiques qui précipiteraient l’évolution de cette maladie. Malgré l’existence de formes familiales, le marqueur génétique n’a pas encore été localisé.

L'anévrisme peut siéger sur l'un des cinq segments de l'aorte : L'aorte thoracique : partie ascendante, portion horizontale, portion descendante : 17,5 % des cas. L'aorte abdominale sus-rénale ou l’aorte viscérale (au dessus du départ des artères rénales) : 2,5 % des cas. L'aorte abdominale sous-rénale (au dessous du départ des artères rénales) : 80% des cas Cette maladie survient essentiellement à partir de la soixantaine. Elle touche 6 à 7% de la population générale et plus particulièrement les hommes dans la majorité des cas.



Symptô™mes et diagnostic

Les anévrismes de l’aorte étant le plus souvent asymptomatiques, le diagnostic peut être fait dans plusieurs circonstances :
Lorsque des symptômes se manifestent, il peut s’agir de douleurs abdominales ballonnement abdominal, douleurs atypiques, douleurs lombaires, douleurs d’origine vasculaire : difficulté à marcher du fait d’une embolie dans une artère des jambes (cas tout de même rare). L'examen clinique permet parfois de découvrir à la palpation de l’abdomen une masse oblongue, verticale, battante et expansive.

L'échographie facilite le diagnostic ainsi que la tomodensitométrie (scanner) et l'imagerie par résonance magnétique (IRM) qui précisent la taille et la forme, la longueur et le collet de l'anévrisme.

La présence de symptômes traduit souvent une fissuration de l'anévrisme : douleurs sourdes ou violentes, lombaires ou abdominales.

L'évolution spontanée est dominée par le risque de rupture souvent annoncée par l'apparition de signes douloureux dans le territoire de l'anévrisme.

La probabilité de rupture est plus grande pour les gros anévrismes (plus de 5 cm de diamètre).

Alternative au traitement chirurgical.

La place du traitement médical est restreinte. La correction des facteurs de risque cardio-vasculaire est nécessaire (arrêt du tabac, règles hygiéno-diététiques). Certaines équipes ont proposé, de façon empirique, l’utilisation de traitement médical (bêtabloquant) afin de ralentir l’évolution des anévrismes. L’efficacité de ce traitement n’est pas démontrée.
Le taux moyen de croissance des anévrismes est estimé à environ 10 % par an. L’extrême gravité de la rupture (80 % de mortalité) justifie le traitement chirurgical des anévrismes dont le diamètre est supérieur à 5 cm pour des anévrismes fusiformes.